mardi 5 janvier 2016

Les Malvas # 4 : La ferme

Amis modélistes bonjour,
Désolé pour le retard de publication de ce dernier volet. Le déménagement du club tant attendu et redouté et la préparation de l’exposition de novembre ont bousculés les priorités.
Afin de vous « rafraîchir » la mémoire, sur les trois étapes précédentes, vous trouverez les liens ci-dessous : 

Pour la petite histoire, une inversion chronologique a été faite entre le troisième et le deuxième article.
Il nous reste à voir la pièce maîtresse qui a donné son nom à ce grand diorama : la ferme des Malvas.

Comme explicité dans le premier volet de cette série d’article, le bâtiment était déjà bien avancé. Vous avez certainement tous reconnu le mythique « Moulin Sarthois » de JOUEF, issue du non moins célèbre triptyque composé aussi d’un lavoir et d’un pont romain.

La bâtisse avait déjà bénéficié d’un « abandon » convaincant. Mais au niveau du visuel, j’ai décidé de le pousser encore plus loin.

Il est le résultat d’un travail à la fois sur le bâtiment et la végétation environnante.

Le bâtiment.
Un peu d’histoire. 

J’ai fouillé dans les archives photographiques du club. J’y ai retrouvé quelques clichés du bâtiment en cours de modification et après sa mise en place sur la colline.

Photo 01 (vue de face du bâtiment)

Photo 02 (Détail du travail de mise à jour de la charpente)

Photo 03 (Début de la mise en place du bâtiment)

Photo 04 (Final sous un angle équivalent)

Etat des lieux des transformations avant ma touche personnelle.

Le bâtiment (Moulin Sarthois) est constitué de 3 parties :

Photo 05 (Vue de face du bâtiment en final)

  • Sur la gauche, la bâtisse principale avec une première entrée. 
  • La partie centrale ou « l’extension » possédant aussi son entrée. 
  • Et enfin la grange. 

La bâtisse principale
Photo 06 (Détail du bâtiment principale)

Cette partie est du point de vue « gros œuvre » conforme à l’original, à sa patine prés que nous verrons plus loin…


Au niveau de la partie centrale ou extension

Photo 07 (Détail de l’extension)

Elle reste la zone la plus travaillée.

L’ajout de la cheminée en briques rouges est bienvenu. Elle offre un contraste de couleur intéressant face à la grisaille générale du bâtiment.

Les ardoises déplacées, découvrant ainsi la charpente, sont particulièrement convaincantes et surtout en raccord avec la situation d’abandon recherché.

La grange

Photo 08 (Détail de la grange)

Le fait que sa toiture soit en tuile mécanique, en lieu et place de l’ardoise existante sur les deux autres parties du bâtiment, est une très bonne idée. Elle suggère une remise en état de celle-ci à un moment de son histoire.

Au final, le bilan est très positif. Les aménagements réalisés ont réussit à métamorphoser le moulin Sarthois, pourtant reconnaissable entre tous, sans qu’il ne perd de son originalité.

Ma touche personnelle.

Mon objectif était de garder cette idée d’abandon mais qu’il soit plus abouti.

Ceci m’a amené à travailler sur : 
  • Les habillages des fenêtres 
  • La refonte de l’entrée de la grange 
  • La patine des murs et des toitures 

L’habillage des fenêtres.

Le bâtiment étant une habitation, il fallait des volets aux fenêtres. Ces derniers se devaient d’être à l’image, et aussi acteurs, de cet abandon.

Comme à mon habitude, j’ai récupéré dans un fond de boite quelques volets et mon choix s’est porté sur des formes simples et rustiques.

Les quatre bords des volets ont été désépaissis au papier de verre et à la lime. J’ai « joué » du scalpel sur les parties hautes et basses et gravé plus profondément la surface des volets pour y figurer les préjudices du temps. Puis, je les ai repris en peinture et finis à la terre à décors.

Photo 09 (Les volets cotés façades)

Photo 10 (Le volet coté grange)


Vue le nombre de fenêtre, j’ai pu mettre en scène tous les cas possibles ; fermés sur un côté, ouverts, entrouverts, ne tenant que sur une charnière et pas de volet du tout.

Photo 11 (Détail des différents cas de figure)

Etant sur un point élevé, la ferme est soumise au vent et à la pluie, je ne souhaitais pas de volet entièrement fermé.

La porte de la grange.

Au départ, cette partie était complètement ouverte et à mi-profondeur un simple carton peint en noir donnait le change.
Après avoir retiré ce trompe-l’œil, j’ai récupéré une porte de hangar, que j’ai retravaillé afin que son aspect industriel ne devienne pas un handicap visuel.

Photo 12 (Détail du seul battant)

Comme souvent, les granges avaient sur l’un de leur battant, une porte de taille normale. Le fait de la laisser entrouverte, donne du relief et un aspect visuel intéressant.

Afin de marquer l’état d’abandon du bâtiment, je n’ai mis en place qu’un seul des deux battants. Il me permettait d’accessoiriser l’intérieur de la grange d’une roue en « bois ». Après qu’elle est souffert au niveau de ces rayons, elle a bénéficié d’un peu de peinture et de terre à décors.

Photo 13 (Détail de la roue dans la grange)

Au niveau de la mise en place, pas de difficulté particulière. Même si des traces de colle subsistent, la végétation en finale permettra un rendu irréprochable.

L’aspect des murs

Les reproductions proposées par les fabricants sont souvent très belles, mais la texture mate des murs n'est pas forcément au rendez-vous.

Photo 14 (La patine des murs)

J’ai donc patiné à la terre à décor toutes les faces des murs. L’objectif est de retirer l’aspect satiné, voir brillant de l’injection plastique. Mais attention ! Cela ne veut pas dire uniformément mat ! D’où l’intérêt de forcer des zones plutôt que d’autres.

L’aspect des toits

Comme pour les murs, l’aspect « plastique » a été repris à la terre à décor.

Photo 15 (Patine des toits)

La partie visible de la charpente a bénéficié d’une teinte plus foncée, par le fait que les poutres ne sont plus protégées des intempéries. En finale, cette teinte foncée donne plus de profondeur à l’ensemble.

Photo 16 (Patine des toits vue de l’arrière)

La végétation.
Bien que le bâtiment ne laisse planer aucun doute quant à son état, la végétation se devait de conforter l’observateur dans son jugement.
Sa mise en place permet de suggérer le passage des saisons et de marquer dans la durée l’état d’abandon du bâtiment.

Que la végétation reprenne ses droits est une chose, mais cela ne signifie pas un camouflage du bâtiment comme un site militaire.

J’ai donc travaillé plusieurs aspects : 
  • Les types de flocages et leur texture 
  • Les nuances de couleurs 
  • Le volume 
  • La position de la végétation sur le bâtiment 


Le type de flocage & texture
Vu la taille de la bâtisse, il n’était pas surréaliste de jouer la carte de la diversité; ronces, herbes hautes, orties, du lierre…

Les nuances de couleurs
Ce choix de végétation me permet aussi un choix de couleur. L’idée n’était pas de mettre en scène des herbes folles et noires, nous ne sommes pas dans un film d’épouvante ! La couleur permette des contrastes qui valorisent l’ensemble.

Le volume
Il ne fallait pas créer une végétation type « col roulé » autour du bâtiment ! Dans la réalité, la végétation, l’humidité et l’orientation donne des résultats contrastés.

De toute façon il ne fallait pas perdre de vue que nous sommes sur une zone élevée et non protégée des vents. Il fallait rester raisonnable et plus tôt favoriser une végétation « rampante ».

Photo 17 (Détail sur la « progression » de la végétation)

La position de la végétation sur le bâtiment
La loi de progression est celle déjà décrite plus haut…L’eau et le soleil.

Il était évident : 
  • Que la base du bâtiment serait envahie. 
  • Que les « lignes de progression » de la végétation suivraient les écoulements naturels tel que les gouttières et surtout celles déjà tombées au sol. 
  • Que le relief marqué des façades était d’autant de point de progression possible. 

Conclusion

Le final donne un ensemble somme tout pas trop chargée par rapport à la surface « traitée » et c’était bien l’objectif recherché.

Photo 18 (Vue « d’oiseau » de l’ensemble du diorama)

Photo 19 (En contre-plongée, vue de droite)

Photo 20 (En contre-plongée, vue de gauche)

Photo 21 (A hauteur, en vue de gauche)

Photo 22 (A hauteur, en vue de droite)


Cette sobriété permet, si on y prête attention, d’observer l’ensemble des petites scénettes successives qui donnent vie à ce grand diorama.

En espérant que le résultat soit concluant pour vous...


A très bientôt…

G. LAUZEILLE

PS : en complément, vous pouvez également vous reporter à cet article qui présente la première installation de la ferme sur son futur emplacement. Remarquer l'intégration dans le relief.

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