mercredi 3 août 2016

Des outils pour la photo de modélisme ferroviaire : l’histogramme.


Disposer de “belles photos” de nos modèles et des réseaux dans lesquels ils évoluent est un objectif présent à l’esprit chez chacun d’entre nous, que ce soit pour des besoins personnels ou pour des publications sur les réseaux sociaux ou les sites web.

A Rail91, nous ne dérogeons pas, d’autant plus que l’animation du site demande ce type de production pour les articles.

Nous vous proposons donc de partager quelques astuces techniques que nous utilisons pour améliorer nos photos.

Avertissement : Cet article et quelques autres à suivre n’ont pas la prétention de faire école en matière de photographie de modélisme ferroviaire. Il présenteront simplement, avec quelques rappels notionnels, des outils qui peuvent améliorer la vie du photographe amateur. De nombreux sites peuvent vous aider sur ces sujets, ainsi bien sûr que les échanges directs entre modélistes. Toutefois, la technique ne remplacera jamais la fibre artistique !

Gérer le contraste de ses clichés.
Avec l’avènement du numérique nous assistons à la multiplication des prises de vues, avec l’espoir que dans le lot il y en aura bien une de bonne, espoir qui existait également au temps de l’argentique mais que le coût de développement limitait fortement!
Pour autant, plusieurs clichés pris en mode automatique (généralement) donneront les mêmes résultats à peu de chose près puisqu’on ne modifie pas ou peu les réglages!

Mais soyons également conscient que la chasse à l'exposition parfaite est un leurre! D'ailleurs avec le noir et blancs argentique, ne trichait on pas un peu lors des tirages en modifiant par-ci par-là le temps d'exposition pour récupérer un cliché mal exposé?
Alors pourquoi ne pas utiliser aujourd'hui les supers moyens que le numérique met à notre disposition?

Qu’est ce qui influe sur une image?
Pour constituer une image numérique, il faut fournir de la lumière au capteur de l'APN!
La lumière reçue par le capteur et influencée par les 3 paramètres du “triangle d’exposition”, à savoir :
  • l’ouverture
  • la vitesse d’obturation
  • la sensibilité ISO
(Pour pouvoir jouer sur ces éléments, passez en mode semi automatique : priorité ouverture (A) ou priorité vitesse (S).)

Le premier mode permet de décider de l’ouverture qui conditionne la quantité de lumière qui entre. Plus c’est ouvert (chiffre petit), plus il y a de lumière qui entre, mais plus la profondeur de champs diminue (zone de netteté).

Le second favorise une vitesse et permet par exemple de figer un mouvement par une vitesse d'obturation rapide (ou au contraire de le rendre plus visible par une vitesse lente) ou d’éviter le “bouger” du photographe. Mais plus la vitesse est importante, moins il y  de lumière qui entre!

Vous pouvez compenser avec le troisième paramètre en augmentant la sensibilité du capteur (variable ISO) : plus le chiffre est important plus le capteur est sensible mais plus il y a de risques de “bruit” (petit points de couleurs aléatoires sur les zone d’à plat de couleur). Avec l'argentique, il fallait changer de pellicule pour une sensibilité plus élevée.

Je vous invite à explorer des blog et sites d’amateurs de photo qui expliquent parfaitement les aspects techniques rapidement survolés ici comme par exemple :

Toutefois, même avec ces éléments, une photo peut être victime d’un défaut d’exposition.
Mais des solutions existent pour le corriger comme cet outil bien pratique : l’histogramme de la photo.

Chaque cliché a sont propre histogramme qui est une représentation graphique de la répartition des pixels clairs et sombres. A droite de l’histogramme les pixels blancs et à gauche les noirs. Entre les deux, toute la gamme des tons moyens (gris).
Et des logiciels peuvent lire ces histogrammes et mieux, permettre des réglages pour tirer partie des informations fournies. Citons Gimp et  Photofiltre par exemple pour les gratuits et libres.

Alors comment s’en servir?

Exemple 1
Voici une photo...
(Photos ouvertes avec Photofiltre. L’option “histogramme” se trouve dans le menu “réglages”)


RGP X2700 (Roco) passant devant la chapelle Saint Julien

 ... et son histogramme.




Que nous dit il? Que la photo présente peu de pixels noirs et blancs, et une majorité de pixels “moyens” allant du gris foncé au gris clair. L’exposition est correcte (toute la plage utilisée) sans être parfaite (des pixels touchent les bords du graphique).
D’ailleurs, l’image souffre d’un voile, assez commun, qui rend la photo “plate et terne”, mais que nous pouvons améliorer.

Sur la ligne inférieure du graphique se trouvent trois curseurs triangulaires mobiles. Voici comment je les utilise et le résultat qui en découle :


Comparer la position des curseurs qui se sont rapprochés du centre.
Le curseur central, mobile également, se positionne en fonction
 des deux autres sur la valeurs moyenne.


La photo parait plus profonde avec une impression de transparence.
En fait les 256 niveaux de lumière (0 à 255) ont été réduits et répartis sur 207 niveaux : on éclairci les tons clairs et on obscurcis les tons sombres. Moralité on joue sur le contraste de la photo!

On aurait pu le faire de façon plus simple en jouant sur un curseur de contraste, mais sans avoir de repères, en tâtonnant, et quand on a beaucoup de photo c’est long. Ici on gère directement le niveau de chaque côté de l’histogramme et on est guidé dans notre intervention. Moins de risque d’aller trop loin!
Manipulez les curseurs avec parcimonie, au risque d'avoir une image beaucoup trop contrastée.

Exemple 2
Sur cet autre exemple, on constate que l’histogramme à droite touche le bord du graphique. Les blancs sont “cramés” (surexposés)! Une ouverture trop grande ou un temps de pose un peu long en sont la raison!

Si cette partie est irrécupérable (glisser le curseur ne fera qu’aggraver la situation), en revanche, à gauche, il n’y a aucun pixel avant le niveau 42 et ça c'est récupérable!







Glissons le repère jusqu’à ce chiffre et constatons que l’image a récupéré de la profondeur!




 En plus d'un contraste plus élevé le traitement a apporté une 
saturation  de couleurs qui donne plus de dynamique à l'image.


Si la photo en elle même n'est pas très intéressante (mise au point approximative, cadrage à travailler!) la qualité globale a tout de même augmenté.
(Vous aurez reconnu la ferme de la Lison à une étape de pré installation).
Magique non !

Pour éviter de "cramer les blancs", si vous utilisez un appareil numérique réflex ou que votre appareil dispose de la fonction d'affichage de l'histogramme, n'hésitez pas à contrôler vos clichés avec cette option. Si vous être trop à droite sur l'histogramme, utilisez le correcteur d'exposition (+/-) pour réduire la quantité de lumière envoyée au capteur.

Toutes les photos de l'article Trainspoting autour de marcigny ont été traitées avec cette technique (et d'autres).

Voila, ce sera tout pour aujourd’hui, mais je vous proposerai d’autres outils et astuces pour faire de belles (de meilleures!) photos.


Précision au sujet de Photofiltre : Photofiltre est gratuit pour une utilisation personnelle et non commerciale. Son intérêt repose sur sa légèreté en se concentrant sur la fonction filtre (plus d'une centaine à disposition, des plus classiques aux plus originaux). La version portable fonctionne directement sur une clé usb, ce qui permet de l'avoir partout avec soit!

Visiter la chaîne de RAIL91 sur youtube : http://www. youtube.com/user/clubrail91
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